Informations générales, et non un conseil juridique ou fiscal. Les règles varient selon la région et la commune et évoluent ; faites vérifier votre propre situation par le notaire ou un conseiller local.
La plupart des personnes qui achètent un logement en Espagne commencent leur recherche sur idealista ou fotocasa, les deux plus grands portails immobiliers du pays. Tous deux acceptent les annonces de propriétaires particuliers (particulares), et pas seulement celles des agences. Vous pouvez donc toucher les mêmes acheteurs qu’une agence — à condition que votre annonce soit aussi soignée que la sienne. Ce guide explique ce qu’il faut préparer, comment construire l’annonce, comment gérer les demandes et comment repérer les arnaques qui visent les vendeurs particuliers.
Avant de publier
- Certificat énergétique. Selon le décret royal 390/2021, toute personne qui met en vente un logement — y compris, expressément, sur les portails immobiliers et les sites web — doit indiquer sa classe énergétique. Faites d’abord établir et enregistrer le certificat ; les portails demandent la classe énergétique lors de la création de l’annonce.
- Nota simple et Catastro. Vérifiez la surface et la description inscrites. Les acheteurs comparent votre annonce avec ces documents, et chaque écart leur fait perdre confiance.
- Un prix réaliste. Ne recopiez pas les prix demandés pour des biens comparables : beaucoup sont en ligne depuis des mois. Regardez ce qui s’est réellement vendu. Les notaires espagnols publient gratuitement les prix de vente réels issus des actes, par commune et par code postal, sur leur portail statistique (penotariado.com). C’est un repère bien plus fiable que les prix affichés.
- Les conditions de chaque portail. Idealista et fotocasa permettent tous deux aux particuliers de publier une annonce, avec des options payantes pour gagner en visibilité. Le nombre d’annonces gratuites, leur durée et le prix des options évoluent ; consultez les conditions en vigueur pour les annonceurs particuliers sur chaque site avant de commencer.
Les photos : ce que les acheteurs regardent en premier
Sur un portail, ce sont vos photos qui font l’essentiel du travail. Les acheteurs font défiler en quelques secondes les images sombres ou encombrées.
- Photographiez à la lumière du jour, rideaux ouverts et toutes les lampes allumées. Le milieu de matinée ou la fin d’après-midi donnent généralement la lumière la plus douce ; évitez le soleil dur de midi sur la façade.
- Prenez des photos à l’horizontale (format paysage), l’appareil à hauteur de poitrine et bien droit — pas de murs penchés.
- Rangez à fond : dégagez les surfaces, retirez les objets personnels, les photos de famille, les produits de toilette et les gamelles des animaux. Faites les lits.
- Photographiez chaque pièce, ainsi que l’extérieur, la terrasse ou le jardin, la vue, la piscine et les parties communes de la copropriété. Les acheteurs venant de l’étranger veulent tout voir avant de réserver un vol.
- Choisissez la meilleure photo comme première image : en général le séjour avec la terrasse, ou la vue.
- Pensez à une courte vidéo ou à une visite virtuelle. Elle aide les acheteurs qui vivent loin à décider si une visite vaut le déplacement.
Plan et surface
Un plan rend l’annonce plus complète et écarte les acheteurs à qui la disposition ne convient pas. Un dessin simple et clair, avec le nom des pièces et des dimensions approximatives, suffit. Soyez précis sur la surface : les annonces espagnoles distinguent les metros construidos (surface construite, murs compris et parfois une quote-part des parties communes) et les metros útiles (surface habitable). Indiquez laquelle vous utilisez et vérifiez qu’elle concorde avec le Catastro et le registre foncier.
La description
Rédigez la description en espagnol et en anglais — et en néerlandais, en allemand ou en français si les acheteurs de ces pays sont nombreux dans votre région. Si le portail ne propose pas de champ distinct par langue, ajoutez un court résumé en anglais sous le texte espagnol.
- Titre : type de bien, principal atout, emplacement. Par exemple : « Appartement lumineux de 3 chambres avec vue sur la mer, à 5 minutes de la plage ».
- Premières lignes : ce qui rend ce bien unique — la lumière, la vue, le calme, l’emplacement.
- Caractéristiques : chambres, salles de bains, surface, étage et ascenseur, orientation, chauffage et climatisation, parking et cellier, équipements de la copropriété, classe énergétique, année de construction.
- Environnement : distance de la plage, des commerces, des écoles, de l’aéroport, des transports en commun.
- Honnêteté : signalez ce qui demande des travaux. Un acheteur qui le découvre lors de la visite se sent trompé ; celui qui l’a lu avant est venu quand même.
Ne promettez rien que vous ne pouvez pas garantir, comme des revenus locatifs ou une licence de location touristique que le nouveau propriétaire pourrait conserver. Ces règles dépendent de la région et de la commune.
Gérer les demandes
Une fois l’annonce en ligne, répondez vite : les acheteurs contactent plusieurs vendeurs à la fois. Les deux portails vous permettent de gérer vos messages depuis votre espace personnel.
- Posez quelques questions avant de fixer une visite : quand souhaitent-ils acheter, comment vont-ils financer l’achat, ont-ils vu d’autres biens dans le secteur ?
- Regroupez les visites et, si possible, ne faites pas visiter seul. Mettez à l’abri les objets de valeur, les documents et les médicaments.
- Si vous vivez à l’étranger, confiez à une personne de confiance sur place les visites et les clés.
- Notez simplement qui a visité et ce qui a été dit. C’est utile pour négocier et pour décider s’il faut ajuster le prix.
Repérer les arnaques
Les vendeurs particuliers sont une cible de choix. Le centre d’aide d’idealista décrit plusieurs escroqueries courantes visant les personnes qui publient une annonce immobilière :
- Le « rip deal » : un prétendu investisseur étranger accepte votre prix sans voir le bien ni négocier, puis propose un rendez-vous — souvent à l’étranger — pour échanger des espèces ou parler d’un « investissement ». Coupez court.
- L’hameçonnage (phishing) : des e-mails ou messages portant le logo du portail vous demandent de vous connecter à votre compte via un lien, sur une page presque identique à la vraie. Tapez toujours l’adresse vous-même et vérifiez qu’elle commence par https://www.idealista.com/ ou https://www.fotocasa.es/.
- Codes et mots de passe : ne communiquez jamais votre mot de passe ni les codes de vérification reçus par SMS — pas même à quelqu’un qui prétend travailler pour le portail.
- Paiements anticipés : ne payez jamais de « frais », de « taxe » ou de « coût de transfert » pour recevoir l’argent d’un acheteur.
La règle d’or : l’argent ne change de mains que par un contrat d’arras écrit et un virement bancaire, et la vente elle-même se conclut chez le notaire. Consultez notre guide sur le notaire et la procédure de vente. Si vous êtes visé, signalez-le au portail et à la police ; l’INCIBE, l’institut national espagnol de cybersécurité, propose aussi de l’aide aux particuliers.
Quand vous avez trouvé un acheteur
Désactivez l’annonce ou marquez-la comme réservée dès la signature du contrat d’arras, pour ne plus recevoir de demandes — et pour ne pas être tenté d’accepter une seconde offre, ce qui peut avoir des conséquences juridiques au titre du contrat d’arras. Rassemblez ensuite les documents restants et, si vous vivez hors d’Espagne, lisez notre guide sur la fiscalité des vendeurs non-résidents.
Vous préférez être accompagné pour le prix, la présentation et les textes ? C’est précisément notre métier — voir vendre sa maison en Espagne.

